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Abdelaziz Bouteflika: “Mon bail est reconductible par tacite reconduction”


Lu sur le web
Mercredi 26 Février 2014 - 01:01

Quand notre chroniqueur Naoufel Brahimi El Mili rencontre le président algérien ! Le site Mondafrique a pris le parti de sourire face à la situation inédite provoquée en Algérie par l'annonce de la candidature surréaliste de Bouteflika pour un quatrième mandat alors qu'il parvient à peine à s'exprimer.


Abdelaziz Bouteflika: “Mon bail est reconductible par tacite reconduction”
Abdelaziz Bouteflika ne parle presque pas, en raison de son état physique totalement dégradé. Mais on parle beaucoup et même trop en son nom. Entretien (presque imaginaire) avec l'encore et toujours président de la république algérienne démocratique et populaire. Il est temps de lui donner la parole, afin qu'il répondre aux questions que tous les Algériens se posent...
 
Mondafrique : Monsieur le Président, êtes vous de nouveau candidat et si oui pourquoi ?
 
Abdelaziz Bouteflika : Candidat à quoi ?
 
Mondafrique : Aux élections présidentielles du 17 avril prochain où vous postulez, dit-on, pour un nouveau mandat.
 
Abdelaziz Bouteflika : Mon troisième mandat est déjà fini ? Comme le temps passe quand on est au pouvoir. Oui, en fin de compte, je me représente aux éléctions, mais ce n’est qu’une formalité. C’est un peu comme le droit du bail commercial : renouvelable par tacite reconduction. L’armée, plus particulièrement le DRS, n’ont pas protesté, je renouvelle donc mon bail.
 
Mondafrique : monsieur le Président et le peuple ?
 
Abdelaziz Bouteflika : Je vous rappelle qu’à la suite des événements d’octobre 1988, j’avais déclaré : « on a donné la démocratie aux gens alors qu’ils avaient manifesté pour le lait et la semoule ». J'avais ajouté : « On a traité les problèmes économiques et sociaux par la thérapie miraculeuse et salvatrice des abstractions, pompeusement appelées "pluralisme", c'est-à-dire effritement de la société, et "démocratie", c'est-à-dire tapage et bavardage ». Je n’ai pas changé d’avis, quelques centaines de milliards de dollars plus tard, je suis convaincu que mon peuple est heureux. Du moins j’en ai décidé ainsi.
 
Mondafrique : Monsieur le Président, vous réalisez que théoriquement vous postulez pour vingt années de pouvoir, et ce après le printemps arabe ?
 
Abdelaziz Bouteflika : J’aime que l’Algérie soit au premier rang, qu’elle détienne les records. Grâce à moi, mon pays a le général en activité le plus vieux au monde et je ferai tout pour qu’il ait le président le plus vieux au monde. On appelle cela un doublé. Qui dit mieux ?
 
Mondafrique : Monsieur le président ne pensez-vous pas que votre accident vasculaire cérébral (AVC) pose problème ?  
 
Abdelaziz Bouteflika : Jeune homme, soyez plus original, on ne me parle que de mon AVC et de la corruption qui toucherait même mes proches. Question suivante !
 
Mondafrique : Mais vos longs séjours parisiens répétés braquent les projecteurs sur votre santé.
 
Abdelaziz Bouteflika : Vous ne comprenez rien. Quand je suis à Paris c’est pour consolider la position de l’Algérie et de ses traditions en France. Je suis le seul qui a introduit la chorba et la viande Halal aux Invalides, dernière demeure du grand Napoléon, résidence du gouverneur militaire de Paris ! Aussi, j’ai raté de peu le prix Nobel mais je vais réussir à avoir une grande statue au musée Grévin, tout comme une autre maroco-algérienne, Rachida Dati !
 
Mondafrique : Votre Premier ministre Sellal vient d’annoncer votre candidature, pourquoi êtes-vous encore silencieux ?
 
Abdelaziz Bouteflika : Pour une fois que Sellal ne dit pas une bêtise, c’est grâce à moi. Il a déjà été mon directeur de campagne et en plus c’est mon seul Premier ministre qui m’amuse : Dieudonné comparé à lui passerait pour Souslov.
 
Mondafrique : Voilà bientôt deux ans que vous ne vous être pas adressé aux Algériens, pourquoi ?
 
Abdelaziz Bouteflika : Les Algériens ne me dérangent pas et je n’ai rien à leur dire tant que je leur fournis du lait et de la semoule, n’oubliez jamais mon principe de gouvernance.
 
Mondafrique : Mais les émeutes à Ghardaia qui ont fait quatre morts ?
 
Abdelaziz Bouteflika : Ghardaia n’est pas encore Kiev. Question suivante !
 
Mondafrique : Que pensez-vous de la candidature de Benflis ?
 
Abdelaziz Bouteflika : Je le connais bien, il a été mon directeur de campagne en 1999, il a aussi été mon Premier ministre. J’ai mis du temps pour réaliser qu’il n’avait pas sa place dans mes équipes. Quand il a été Chef du gouvernement, il voulait instaurer l’indépendance de la justice par rapport à l’exécutif. Si je ne l’avais pas limogé, il aurait fait de mon pays un Etat de droit. Mieux valait alors retourner en Suisse où j’avais vécu un certain nombre d’années.
 
Mais je vous laisse, je dois rédiger un SMS à mon peuple pour lui confirmer que je suis toujours bien vivant.
 
Source : Mondafrique  
Mamoudou Kane


              

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