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AIEA: Nucléaire civil ou militaire, en Iran?


International
Mercredi 9 Novembre 2011 - 15:17

L'agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) a rendu mardi ses conclusions sur les recherches supposées militaires dans le nucléaire, de l'Iran. Téhéran rejette en bloc ce rapport, qu'il dit «transformé». Au cœur de tout ce débat, la personnalité jugée partiale par beaucoup de pays, du chef de l'AIEA, qu'on estime «assujetti aux USA».


Ahmadinejad en visite sur le site d'enrichissement d'uranium à Natanz en 2008
Ahmadinejad en visite sur le site d'enrichissement d'uranium à Natanz en 2008
Dans un contexte de tensions importantes, c'est un document qui était très attendu. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a envoyé aux diplomates à Vienne son dernier rapport sur l'état d'avancée du nucléaire iranien. C'est un rapport qui n'est pas tendre avec Téhéran, mais qui ne va pas jusqu'à affirmer le caractère militaire du programme nucléaire iranien.

Pour ce rapport, l'AIEA précise avoir bénéficié d'informations fournies par dix pays membres, provenant probablement de leurs services secrets, et disposer aussi de ses propres sources, en particulier de photos satellitaires de la base militaire de Parchin, près de Téhéran. Les différents éléments sont présentés dans une annexe de 12 pages, qui rassemble toutes les informations recueillies par l'AIEA depuis la fin 2002. «Mais essentiellement des services secrets occidentaux, israéliens et américains en tête» rapporte le quotidien conservateur iranien, Kayhan.

Ce qui fait dire au représentant iranien auprès de l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh que «l'Iran n'abandonnera jamais ses droits légitimes» mais en «pays responsable» continuera à «respecter ses obligations dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire», qui prévoient la supervision de ses activités par l'AIEA.

Dès mardi, M. Soltanieh avait rejeté comme "sans fondement" les accusations de l'AIEA, affirmant qu'elles sont basées sur des éléments anciens, dont certains faux documents, et que l'Iran y avait déjà répondu de façon détaillée il y a plusieurs années.
"Ces huit dernières années, il y a eu 4.000 inspections obligatoires et 100 inspections surprises (de l'AIEA) et les inspecteurs n'ont pas trouvé un gramme d'uranium détourné à des fins militaires. Par conséquent, il n'y a aucun document crédible" sur une militarisation du programme nucléaire iranien, a affirmé mercredi M. Soltanieh à l'agence de presse Isna.

AIEA: Nucléaire civil ou militaire, en Iran?
Yukiya Amano, vassal des USA?

Soltanieh, cité par l'agence officielle IRNA, a accusé le directeur général de l'AIEA, Yukiya Amano, d'avoir agi de façon "partiale, politique et non professionnelle" en entérinant la publication "de fausses accusations d'un petit nombre de pays incluant les États-Unis". Téhéran "ne laissera pas sans réponse cette erreur historique" du chef de l'agence onusienne, a averti le représentant iranien.

L’AIEA ne dispose d’aucun moyen indépendant pour corroborer la masse de renseignements qu’elle reçoit de la part d’autres pays. Ceci a été implicitement admis par le prédécesseur d’Amano, l'égyptien Mohammed El Baradei, qui a jeté à plusieurs reprises le doute sur l’authenticité de ce que l’on appelle «les renseignements sur l’Iran». Et qui a longtemps été dans la ligne de mire occidentale qui lui a, à plusieurs reprises, reproché publiquement son indépendance.

Yukiya Amano ne semble pas avoir le zèle de son prédécesseur pour l’indépendance requise.
Ses derniers entretiens se sont déroulés à Washington, avant de présenter le rapport. Entretiens, dont les détails sont restés confidentiels. «Ceci ne laisse aucun doute sur le fait que l'AIEA collabore totalement avec l’intention des États-Unis et de leurs alliés occidentaux et israélien de faire monter la pression sur Téhéran pour qu’il renonce à ses activités nucléaires actuelles» estime le quotidien Kayhan.

L’Iran a fait l’objet de plusieurs séries de sanctions unilatérales et onusiennes pour son programme nucléaire. Depuis 2002-2003, où les responsables étasuniens avaient sciemment menti à la communauté mondiale sur la menace des armes de destruction massive de l’Irak, le monde n’avait pas entendu un tel bruit assourdissant autour d’un rapport régional de l’AIEA. Une comparaison qui vient immédiatement à l’esprit, par rapport au discours officiel de Washington vis-à-vis de l’Iran, devrait se faire retourner dans sa tombe George Orwell.

Noorinfo, avec agences
Mamoudou Kane


              

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