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A-t-on déjà vu un descendant d’esclave soninké ministre ou maire ?


A.O.S.A
Lundi 26 Août 2013 - 17:32


A-t-on déjà vu un descendant d’esclave soninké ministre ou maire ?
En matière de progrès, la société maure semble largement en avance sur la question de « l’émancipation » des couches inhumainement exploitées depuis la nuit des temps par rapport aux sociétés négro-mauritaniennes soninkés et hal poullar où le débat public n’existe même pas à ce sujet même s’il paraît qu’en interne le débat bourgeonne.  Dès qu’un occidental atterrit en Mauritanie dans une chancellerie ou une agence de l’ONU quelconque, il est pris «  en charge » par les négro-mauritaniens qui lui explosent leur terrible situation dans la république raciste de Mauritanie où les maures écrasent les nègres par tous les moyens. Si l’état mauritanien à une certaine époque fut coupable de tentative de dénégrification du pays avec tous les crimes que cela implique, il n’en reste pas moins que l’occidental qui débarque ne saura rien du sort du peuple noir, esclave des négro-mauritaniens ni rien de ce qui se passe dans « leurs terres ».
 
Heureusement que le net faisant on peut encore trouver des études académiques sur le sujet à défaut de trouver sur place, le moindre débat profond sur le sujet souvent traité pour aboutir à la conclusion qu’il ne reste comme chez les maures que des séquelles.
 
Sous prétexte que les descendants d’esclaves maures sont plus nombreux que les descendants d’esclaves négro-mauritaniens faut-il laisser les seconds subir le second esclavage qui ne dit pas son nom en les abandonnant à leur sort dans les terres du sud comme si cela ne nous concernait pas ? En vérité dans ce pays les chercheurs sont confrontés à un vrai dilemme : écrire et dire la vérité et en subir les terribles conséquences venant de la communauté qui vous traitera en traître pendant qu’en face on rira de votre innocence ou se taire et essayer de changer les choses en tentant le débat de l’intérieur.
 
Face à ce silence, si le citoyen lambda essaye de crever l’abcès, on lui rétorquera que c’est fait de façon non académique et il aura droit à la litanie des formules vaseuses assurant qu’il faille se renseigner, beaucoup lire et choisir ses mots pour ne pas tomber dans les généralités et autres légèretés du délit d’opinion face à un sujet qui requiert un avis qui ne peut venir que de nos fameux chercheurs dont le travail n’atterrit jamais sur la place publique et se perd dans les bibliothèques européennes pour enrichir l’étranger quand il devrait servir le débat sur place.
 
Ecoutez, on en a assez de ces chercheurs qui méprisent l’opinion publique en se murant dans le silence savant pour n’écrire que des pavés destinés à leurs confrères et quelques intellos de la place qui accumulent livre sur livre pour servir l’étiquette dans un dîner sans jamais que toute cette science ne fasse avancer le moins du monde ni le débat ni la situation sur le terrain.
 
La Mauritanie est malade de beaucoup de choses mais surtout de la résignation hautaine de ses chercheurs, de ses intellos qui veulent minimiser tout celui qui voudra parler du sujet surtout s’il cite des chercheurs étrangers venus chez nous étudier leur monde. Nul n’a besoin de faire mille ans d’études pour savoir que les féodaux continuent à avoir une mainmise totale sur les terres et l’appareil d’état. Nul n’a besoin d’être chercheur pour constater la démission des intellectuels qui semblent avoir tout dit et tout entendu et qui sont persuadés qu’il n’y a rien à faire sinon se reconnaître entre happy few comme sachants, le reste étant une affaire de temps qu’il faille laisser au temps même si ce temps-là laissé aux féodaux ne fait que renforcer l’esclavage moderne.
 
Pourquoi le net mauritanien n’est-il pas tout plein de sites et de blogs d’intellectuels engagés à ne pas laisser la place à l’enfumage. La majorité du pays a moins de 30 ans et cette majorité-là ne sait pas ce que savent ceux qui actuellement ont entre 50 et 80 ans. Après ceux-là, la Mauritanie sera définitivement la terre d'une clique où disparaîtront les traces d’un quelconque idéal de justice ou modèle de gouvernance étranger à l'état des lieux.
 
Quand on voit un parti comme le RFD se décomposer sans rien qui puisse le remplacer, quand on songe au vivier que c’était d’idéal, de compétences, d’esprit d’ouverture, il y a de quoi s’inquiéter. Quand on voit qu’après 1978, les forces politiques sont définitivement laminées, vidées de leurs troupes face à un régime militaire qui s’est civilisé au point de pouvoir désormais se permettre des élections libres et transparentes, il y a de quoi s’inquiéter.
 
Quand on finit par constater que rien n’est fait pour éduquer, rassembler et faire espérer les masses de descendants d’esclaves autrement qu’en en nommant quelques-uns en ce qui concerne les h’ratines maures et qu’on ne prend que des nobles quand il s’agit de soninkés pour devenir ministre, il y a de quoi s’inquiéter car pendant ce temps, le discours qui accuse cette connivence entre le pouvoir et les féodaux grandit et fait sa route or le résultat sera terrible car jadis le descendant d’esclave respectait, estimait le noble qui représentait pour lui le savoir, la justice, un certain nombre de valeurs et même une fraternité, du moins chez les maures, car il a bien fallu au fil des temps amadouer ce bras armé quand apparemment chez les négro-mauritaniens c’est plus un respect dû aux séquelles de la terreur qu’un respect dû à un enfumage à la maure, toujours est-il que désormais, pendant que le pouvoir est occupé par ses affaires car en cas de débordement il ne saurait en être affecté vu sa sécurité, les descendants d’esclaves constatent de plus en plus qu’ils subissent un enfumage sans fin.
 
Cela ne pourra donner qu’une suite funeste à la décomposition de nos sociétés qui ne tiennent désormais que sur cette structure mentale féodale qui éloigne les uns des autres jusqu’à ce que même nos chercheurs et autres intellos se taisent, ne parlent qu’entre eux ou pour l’étranger sans rien faire de concret pour faire avancer les choses sinon des petits débats soporifiques qui accouchent de séquelles comme autant de souris.
 
Le pouvoir militaire ne peut être tenu pour seul responsable de ce désastre. On ne peut pas tuer l’espérance de voir un changement de mentalité quand ceux qui sont le plus armés pour mener le combat engraissent leur langue dans le silence en minimisant quiconque essayera de leur tendre un miroir.

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chezvlane


              


1.Posté par Bouleiba brahim salem BRAHIM SALEM OULD BOULEIBA le 26/08/2013 10:43
Mon Cher Ahmed
Oui, nous intellectuels de ce pays avons démissionné de notre responsabilité d'avant garde d'un peuple qui avait besoin de notre eclairage,c'est pourquoi son chemin est reste si sombre. Nous avons courbe l'échine devant les dirigeants en refusant de le défendre et en disant la vérité. Nous avons pille ses richesses. Nous l'avons infantilise en lui apprenant a se plier, applaudir et finalement etre incapable de reagir.Nous lui avons appris a se courber et être fataliste et sans capacité de réaction face aux injustices. Nous avons plombe l'avenir et les potentialités de sa jeunesse en refusant de quitter la scène politique et administrative. Continuez a vous indigner peu importe ce qui est dit. Le mensonge, l'égoïsme ont eu raison d'un peuple intelligent et la faute en incombe principalement a son Elite qui refuse d'assumer le rôle qui devait être le sien. Je te renvoie a mon article: confession politique: une intelligentsia qui a perdu ses repères. Si tu ne l'a pas lu, je serais dispose a te l'envoyer.
Bien a vous
Brahim Salem Ould Bouleiba

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