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Noorinfo

300.000 morts mauritaniens, voici les auteurs et les extraits du terrible Livre Blanc sur 1989…


A.O.S.A
Dimanche 3 Novembre 2013 - 15:46


300.000 morts mauritaniens, voici les auteurs et les extraits du terrible Livre Blanc sur 1989…
J’en tremble encore. Comment un tel document a-t-il pu passer dans les oubliettes de l’histoire alors qu’il s’agit d’une sérieuse démonstration que les « événements de 1989 » entre le Sénégal et la Mauritanie qui firent 300.000 disparus mauritaniens selon les auteurs, fut non pas comme on le raconte depuis, un banal incident entre éleveurs qui aurait dégénéré mais un plan machiavélique sénégalais vivant à faire main basse sur les milliards détenus par les mauritaniens en liquide sans parler de tous leurs autres avoirs et régler de la sorte une crise politique, économique et sociale sénégalaise qui aurait pu emporter la république car atteignant même l’armée sénégalaise.
 
J’en tremble encore car quand on lit ce petit livre blanc on sent que c’est écrit par des gens très bien informés : on y trouve, déclarations des uns et des autres à l’appui, de quoi accréditer sérieusement la thèse des auteurs. J’en tremble encore car découvrant ensuite les auteurs, on comprend pourquoi l’essentiel tient la route même si on trouve ici et là une mauvaise foi partisane qui gâche tout et ne sert à rien. Cette mauvaise foi sous forme de mensonges par omission ou de lamentable propagande est celle de l’époque, celle du régime d’alors, mais ce vernis de mauvaise foi dans le livre blanc n’affecte pas la chronologie des faits ni la démonstration de la thèse des auteurs. C’est vraiment dommage. Les auteurs auraient pu s’en tenir aux faits, à la démonstration et aux intérêts en jeu mais c’était l’époque d’un régime médiocre en mille choses notamment en communication mais certainement pas en renseignements. 
 
Le plus terrible en lisant ce livre blanc, c’est qu’on sent que la Mauritanie a fait ce qu’il fallait pour rendre au Sénégal la monnaie de sa pièce sinon comment comprendre que les auteurs passent sur 300.000 morts mauritaniens sans parler des pertes financières pour finir par tendre la main aux sénégalais en fin de texte pour faire la paix des braves alors que  le sang n’a pas encore séché ? Qu’a fait la Mauritanie en retour ? Les auteurs n’en disent rien mais nous pouvons le savoir car nous savons ce qui s’est passé en Mauritanie.
 
J’en tremble encore car face à ces 300.000 morts mauritaniens présumés sans parler des victimes sénégalaises chez nous, les auteurs de ce livre blanc ont pas eu le courage d’écrire à visage découvert même si leurs noms circulent depuis le premier jour et il ne s’agit pas de n’importe qui : un ambassadeur, un premier conseiller, chargé d’affaire à Dakar, un conseiller à la présidence, un chargé de mission à la présidence qui eurent ensuite pour les plus modestes de sérieuses promotions ; les uns devenant plus tard ambassadeur ou ministre. 
 
Lesquels oseront démentir faire partie du restreint comité de rédaction 24 ans après les faits quand ils sont à ce jour les seuls à avoir dit ce qui se serait passé ? Vont-ils trahir les 300.000 morts mauritaniens que leurs chiffres avancent ? Sans eux, sans ce livre blanc, il ne resterait plus rien de cette affaire pour informer les générations présentes et futures. Pourquoi diable avoir publié « clandestinement » ce livre blanc non signé face à 300.000 morts de leurs concitoyens ? J’en tremble encore car face à ces 300.000 morts présumés, nos chercheurs indépendants qui passent leur temps à écrire des tartines sur des sujets vaseux que personne ne lit n’ont jamais fait une enquête complète et indépendante sur le sujet se contentant de commenter le livre blanc dans les salons. J’en tremble encore car cette affaire mérite des éclaircissements car on ne peut pas passer sur 300.000 morts comme ça.
 
Ce qui s’est passé en 1989, il y a maintenant 24 ans, mérite une enquête indépendante internationale car si comme les auteurs l’annoncent l’Etat sénégalais a favorisé ce génocide alors Abdou Diouf, actuellement président de l’O.I.F, devrait être traîné devant la cour pénale internationale et pas que lui tandis qu’il se la coule encore douce après une carrière entière sous les privilèges.
 
J’en tremble encore car en 1989, ma famille et moi faisions partie de ces rapatriés mauritaniens qui du jour au lendemain ont dû fuir le Sénégal même si nous n’étions pas fils de commerçants et que nous n’avons rien perdu dans cette affaire sinon une déchirure au cœur. J’avais 14 ans à l’époque où ce livre blanc fut publié et je ne découvre ce livre blanc qu'aujourd’hui. Nous sommes des centaines de milliers de mauritaniens sinon des millions, sans parler des sénégalais et du reste du monde, à ne pas savoir vraiment ce qui s’est passé. On nous raconte depuis trop longtemps que ce ne fut qu’une affaire banale d’éleveurs qui a mal tourné or ce livre blanc dit tout autre chose.
 
Ce que dit ce livre blanc ne peut être balayé d’un revers de main sous prétexte qu’on y trouve ici et là un peu de propagande et beaucoup de mensonges par omission en ce concerne ce que la Mauritanie a fait pour rendre au Sénégal la monnaie de sa pièce sanglante.
 
Quand on comprend la thèse des auteurs et qu’on sait avoir affaire à un régime mauritanien qui a lui-même pillé et détruit la Mauritanie et qui ce faisant n’en avait certainement pas tant que ça à cirer de ses citoyens, on comprend mieux pourquoi les auteurs à la fin du livre blanc tendent la main aux sénégalais comme pour leur dire : « vous nous avez fait beaucoup de mal mais vous avez perdu la partie car nous, maures, sommes encore là au pouvoir et la Mauritanie n’a pas tremblé ; pour le reste, vos Flam (Forces de Libération Africaines de Mauritanie) et autres anti-maures ne perdent rien pour attendre mais faisons comme si de rien n’était et serrons-nous la main en bons diplomates… »
 
On connaît la suite… aujourd’hui en 2013, les Flam après 20 ans d’exil sont de retour en Mauritanie laminés en genre et en nombre car actuellement, il n’existe plus en Mauritanie la moindre menace venant de ce côté-là or les auteurs du livre blanc dans leur démonstration rappellent que les Flam furent créés au Sénégal avec la bénédiction des faucons sénégalais pour déstabiliser la Mauritanie maure. Tout au long de la démonstration au-delà de l’affaire économique comme leitmotiv, il y aurait aussi la haine raciale qui, selon les auteurs du livre blanc, aurait fait que les sénégalais aient attaqué non seulement les maures mais tous ceux qui avaient une goutte de sang maure.
 
Faut-il ensuite s’étonner qu’en Mauritanie, sénégalais et certains négro-mauritaniens aient été ensuite lynchés, rapatriés et déportés ? Les auteurs du livre blanc accusent le Sénégal de mensonge quand ce dernier disait que la Mauritanie déportait ses concitoyens ; Depuis Sidioca et Aziz, l’Etat mauritanien reconnaît que le Sénégal avait raison et depuis peu les déportés sont rentrés au pays avec plus ou moins de bonheur.
 
Ce genre de contrevérités, on en trouve dans le volet propagande du livre blanc mais cela ne change en rien la chronologie des faits et les informations données par les auteurs pour justifier un génocide présumé programmé avec la complicité active du sommet de l’Etat sénégalais qui aurait mis de l’huile sur le feu. 
Ce livre blanc est important car ces auteurs ne sont pas n’importe qui. Il est temps qu’ils sortent de l’ombre et assument leurs propos. Il est temps que nos chercheurs indépendants disent leur mot sur ces informations. Il est temps qu’il ait un dialogue serein sur cette affaire qui n’aurait rien à envier au génocide rwandais  On devrait avec cette affaire pouvoir faire un documentaire comme celui des mille collines « tuez-les tous ! ».
 
Avant de rappeler les noms des auteurs du livre blanc, je tiens à dire ceci pour compléter ou tempérer leurs observations en ce qui concerne le comportement des douaniers et militaires sénégalais et avoir une pensée pour « les justes » comme disent les juifs, sénégalais et mauritaniens qui ont aidé, caché et protégé leurs frères sénégalais et mauritaniens dans cette terrible affaire :
 
En 1989, j’avais 14 ans, c’était d’ailleurs Avril, mois de mon anniversaire, quand dans un couloir du lycée Cours Sainte Marie de Hann, un ami libanais de mon âge vint me dire terrorisé qu’en ville on tuait au hasard les mauritaniens. Je m’en souviens car il y avait à côté de nous un jeune surveillant sénégalais qui m’a regardé avec un sourire terrible les yeux étincelant. Mes frères et moi sommes sortis de l’école pour monter dans un 4X4 Toyota conduit par notre chauffeur Sénégalais, MBaye, qui nous a dit de nous coucher tous derrière. Pour ceux qui connaissent Dakar, le chemin entre Hann et Fann résidence, traverse un certain nombre de quartiers populaires et ce n’est pas à côté…
 
Le chauffeur aurait pu nous livrer aux émeutiers. Il a risqué sa propre vie en roulant au milieu des pillards comme si de rien n’était avec couchés derrière des petits naars. De même dans notre quartier résidentiel, où la famille avait éteint toutes les lumières et mis des couvertures aux fenêtres, les sénégalais du quartier auraient pu venir nous chercher car tous savaient qu’il y avait là des mauritaniens depuis 11 ans…
 
Mieux, à l’aéroport quand nous sommes arrivés à bord d’un camion sénégalais escortés par des militaires français en civils qui sont partis sitôt arrivés à l’aéroport, les militaires sénégalais du camion voulaient qu’on descende là pour aller faire les formalités d’usage comme tout  le monde. On aurait alors peut-être vu les brimades dont parlent les auteurs du livre blanc. Dans le camion, certains militaires étaient sympas d’autres avaient des yeux étincelants à telle enseigne que l’une de mes sœurs tendit sa montre pour faire un cadeau qui fut refusé. 
C’est alors que vint un haut gradé sénégalais pour demander ce qui se passe avec ce camion. Quand mon père est descendu se présenter pour expliquer qu’on allait descendre tous, le haut gradé s’est écrié « comment ça ! Non ! Non ! ». Il donna des instructions et alors nous sommes entrés directement en camion à l’intérieur de l’aéroport quasiment au pied de l’avion : Air Maroc.
 
Ensuite, 2 ans plus tard, alors que mon père n’a jamais quitté son poste malgré les relations diplomatiques rompues, je suis retourné à Dakar pour un an avec un passeport diplomatique comme c’était l’usage à l’époque pour les enfants de diplomates. A Dakar, je suis passé par le salon d’honneur sans aucun problème même avec les relations diplomatiques coupées officiellement entre les deux pays.
Voilà.
 
Les auteurs du livre blanc (ignorés de l’opinion publique et connus du tout-Nouakchott depuis l’époque) sont avec une marge d’erreur nulle :
 
1-Mohamed Moctar Ould Zamel, ambassadeur à Dakar à l’époque des événements
 
2-Mohamed Saïd Ould Hamody , futur ambassadeur aux USA
 
3-Alassane Nagaïdé chargé de mission à la présidence à l’époque
 
4-Bilal Ould Werzeg  chargé d’affaire à Dakar à l’époque, ensuite ministre
 
5-Hébetna Ould Sidi Haïba , conseiller à la présidence  à l’époque

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chezvlane


              

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