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3 questions à Daara J: «Le plus important est de continuer le plus positivement possible, le combat de l'intégration, de l'union africaine»


Culture
Jeudi 23 Juin 2011 - 14:54

De passage en Mauritanie pour une série de concerts, à Nouakchott, Nouadhibou et Rosso, le groupe de hip hop sénégalais, Daara J évoque leur engagement politique, au niveau de leur musique, la résurgence de l'Africain, et la voie pour l'intégration africaine dans laquelle ils se sont engouffrés.


Daara J, avant leur concert au Capricorne, à Nouakchott, mercredi 22 juin
Daara J, avant leur concert au Capricorne, à Nouakchott, mercredi 22 juin
J'étais avec Didier Awadi plus tôt, avec cette impression d'être en présence du patriarche du rap sénégalais, et même africain. A-t-il eu une influence sur votre inspiration artistique?

Awadi est un aîné certes, mais on a tracé une voie toute différente, cependant qui entonne le même message de fond, relatif à la résurgence de l'Africain, qui s'est oublié, littéralement éjecté du train de la mondialisation. On veut, et on doit contribuer, à notre niveau à le remettre dans ce train. Cette stratégie doit être assimilée artistiquement et politiquement. Les remous actuels de nos sociétés nous imposent plus de conscience, surtout de la part de nous africains.

3 questions à Daara J: «Le plus important est de continuer le plus positivement possible, le combat de l'intégration, de l'union africaine»
On évoque souvent la particularité du rap africain d'être devenu, peut-être par défaut de sociétés civiles fortes, le meilleur leader d'opinion, en tout cas pour la jeunesse. Vous le voyez ainsi aussi?

Le plus important est de continuer le plus positivement possible, le combat de l'intégration, de l'union africaine. L'avenir de ce continent en dépend complètement. On est marginalisé dans cette mondialisation à deux vitesses. Notre message consiste à motiver à trouver de vraies solutions pour pallier cette marginalisation, artistique, politique, économique. Beaucoup de rappeurs aujourd'hui sont diplômés, certains en histoire, d'autres en sociologie. Ces jeunes bouleversent les tendances griottes des musiques africaines. De ce fait, on peut indubitablement considérer une partie de ce mouvement comme composé de penseurs, de jeunes consciences qui ont envie de faire bouger les choses. Nous ne sommes plus des stéréotypes de rappeurs new-yorkais. Nous revendiquons notre identité propre, à partir d'une histoire différente. Nous sommes les voix des sans-voix. Un rappeur qui se documente, se cultive un minimum peut contribuer à l'éveil d'une partie de la conscience sociale, et ce que beaucoup font d'ailleurs.

On vous remarquait il y a une dizaine d'années dans beaucoup de collaborations avec l'extérieur africain, avec le rap français particulièrement. Depuis quatre/cinq ans, on a l'impression que vous avez recentré votre cadre artistique à l'Afrique...

Le hip-hop est un langage universel, mais les rappeurs africains ont tout à gagner à trouver leurs propres valeurs, par rapport à une histoire commune, dont certaines bases ont été posées par des historiens comme Cheikh Anta Diop.
Donc il y a eu effectivement un recentrage artistique qui s'est fait par rapport à ce constat. On mérite un regard plus respectueux. On a subi un lavage de cerveau , on nous a violé culturellement, et cet état de fait ne peut être renversé tant que la majorité des africains n'en aura pas d'abord pris conscience. Quand cette prise de conscience viendra, quand il connaîtra son histoire, l'Africain aura sa personnalité, son point de vue original du monde.

Propos recueillis par MLK
Mamoudou Kane


              

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