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2ème Congrès du parti islamiste Tawassoul : Nouakchott se drape du Croissant vert


Actualité
Samedi 22 Décembre 2012 - 14:10

Le parti Tawassoul d’obédience islamiste a entamé le jeudi 20 décembre son 2ème Congrès, en présence de leaders de la mouvance venus de plusieurs pays. Ce rassemblement inédit qui s’achèvera le 23 décembre courant, regroupe ainsi la grande confrérie des courants de l’islamisme politique dans le monde, une idéologie qui enregistre, depuis le début des révolutions arabes en 2011, une avancée remarquée vers la conquête du pouvoir. En Mauritanie, les islamistes locaux ne sont pas encore parvenus à engranger la même dynamique que leurs frères de Tunisie ou d’Egypte, à l’heure où la révolution du Croissant vert tente de gagner la Libye, l’Algérie, la Syrie…Et pourtant, Tawassoul y croit encore, à tel point qu’il est devenu aujourd’hui la bête noire du régime en place.


Jemil Mansour (d), président du parti islamiste mauritanien, Tawassoul
Jemil Mansour (d), président du parti islamiste mauritanien, Tawassoul
En plus des 700 délégués du parti, une brochette de plus d’une dizaine de leaders islamistes dans le monde sont attendus au Palais des Congrès de Nouakchott, où le parti Rassemblement national pour la Réforme et le Développement (RNRD), plus connu sous le nom de Tawassoul tient son 2ème Congrès ordinaire. Hormis, Rached Ghannouchi, président du parti islamiste tunisien Ennahda arrivé hier et accueilli en grande pompe, il y aura Moussa Abou Merzouk, vice-président du bureau politique du Hamas, Abou Soultani, du MSP algérien (Mouvement de la société pour la paix), Moustapha Ramid, ministre marocain de la justice et des libertés, membre du parti islamise PJD (Parti de la justice et du développement) au pouvoir, d’autres leaders islamistes venus des pays de la sous-région, de l’Indonésie, de l’Egypte, de la Libye, pour ne citer que ceux-là, seront probablement de la fête.

Cette démonstration de force diplomatique constituera pour le parti Tawassoul une véritable aubaine. De quoi insuffler une nouvelle dynamique dans ses rangs et conforter sa place dans la sphère de l’islamisme mondial. Mais par delà la présence de ce parterre de personnalités, juste bon pour la galerie, la guerre s’annonce houleuse pour le renouvellement des instances du parti. Tawassoul est parvenu en effet au cours des dernières années à élargir sa base d’adhésion. Le cercle traditionnel des membres fondateurs s’est en effet grossi de nouveaux venus qui réclament aujourd’hui plus que jamais une place de choix au sein des instances dirigeantes.

C’est le cas de tous ses courants salafistes, sunnites et soufistes, que la rigueur des réglages budgétaires initiés par le régime actuel, a pratiquement jeté dans les bras du parti Tawassoul, une machine financière et politique bien huilée grâce à des myriades d’ONG caritatives et des sources intarissables, qui lui viennent d’une diaspora nantie installée dans plusieurs pays du golfe arabique et d’Etats diamantifères d’Afrique. A cela s’ajoute, cette éternelle guéguerre entre gens du sud, de la « Guebla » jusque-là détenteurs des rennes du parti et les nouveaux adhérents de l’Est, qui mettent en avant leurs importantes contributions financières pour réclamer une nouvelle redistribution des cartes.

Au sortir de ce congrès, l’objectif serait sans nul doute de propulser une équipe de choc capable de faire de Tawassoul un parti fédérateur qui pourra à défaut de « Dégager le président Aziz », conforter sa place sur l’échiquier politique national lors des prochaines consultations électorales. L’ambition affichée serait de traduire dans les faits, ce poste de leader auquel postulent les islamistes mauritaniens qui se sont mis à rêver depuis le déclenchement du « Printemps arabe » que le pouvoir politique leur revient. Cela d’autant plus, que Tawassoul a été, depuis 2011, le moteur de toutes les contestations sociopolitiques en Mauritanie, grâce à ses structures estudiantines, ses ONG, ses syndicats de travailleurs, ses mouvements de jeunes et de femmes.

A la pointe de la révolution, le parti Tawassoul serait même, selon des sources de presse, l’initiateur du slogan malheureux « Aziz Dégage », une inspiration mal réfléchie tirée de l’exemple tunisien qui n’a pas trouvé cependant preneur dans la rue mauritanienne. Ce slogan séduisant et mobilisateur au premier regard, vaut aujourd’hui à l’opposition dite radicale, cette position inconfortable qui ne laisse à son discours politique aucun échappatoire, tant la barre a été d’emblée placée trop haute. En effet, après cela, il ne reste plus qu’à prendre les armes, à défaut de pouvoir reculer à une revendication plus modérée, sous peine de perdre des points.

Quelque soit le reproche qui pourrait être fait aux Islamistes de Tawassoul, qui prône une ligne pacifique et démocratique pour la conquête du pouvoir, il faut reconnaître que le Croissant Vert, qui est l’emblème de l’islamisme modéré, est toujours meilleur au Drapeau Noir des courants Djihadistes.

Cheikh Aïdara
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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