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250 000 expulsions: l’autre visage de la Coupe du Monde au Brésil


Actu Mauritanie
Jeudi 30 Janvier 2014 - 13:50


250 000 expulsions: l’autre visage de la Coupe du Monde au Brésil
Vive le sport. L’amusement des masses n’a pas de prix. On entend déjà d’ici les amateurs de sport prétendre qu’ils seront relogés rapidement et dans de meilleures conditions. Ben voyons. 
 
Le mouvement national de protestation contre les effets négatifs de la Coupe du Monde de 2014 et des Jeux Olympiques de 2016, dénoncent les expulsions d’autant que, oh grand hasard, elles concernent pour leur quasi-totalité, les groupes sociaux les plus fragiles et les plus vulnérables. 
 
Ce jour, c’est plus de 250 000 expulsions qui ont été opérées principalement dans 12 villes du Brésil. 
 
Selon Nelma Gusmão de Oliveira, de l’Universidad Estatal del Sudoeste de Bahia, il s’agit avant tout d’expulser des centres villes les classes pauvres et défavorisées. 
 
Il s’agit d’un véritable « nettoyage social »: les habitants expulsés vont être transférés vers les zones proches comme le prévoit le droit, mais souvent dans régions éloignées, à 60 miles de chez eux alors que les interventions dans les milieux plus favorisés ont été plus précautionneuses. 
 
Le contraste entre le traitement réservé aux habitants des favelas et aux autres est flagrant. Les premiers connaissent en effet des violations graves de leurs droits, tels que le manque de notifications et les démolitions nocturnes. Lorsque les habitants refusent d’être déplacés, l’Etat leur offre une indemnité d’environ $ 2200, bien en dessous de la valeur marchande de leur logement d’origine, ce qui les empêche d’acheter une autre propriété à proximité. 
 
Pour Nelma Gumaõ, les insfrastructures ont été pensées en ce sens. Il s’agit d’une politique de nettoyage préméditée. 
 
L’ organisation Amnesty International a également reconnu l’existence de ce «nettoyage social». Elle a qualifié les expulsions d’ « inutiles » et a déclaré que dans le cas de Rio de Janeiro , où ont eu lieu plus de 38 000 expulsions, les Jeux olympiques de 2016 ont servi tout simplement «d’excuse». 
 
Rappelons que le budget du gouvernement brésilien pour mener à bien tous les travaux d’infrastructure en vue de la Coupe du Monde 2014 est de 11 milliards de dollars, somme bien supérieure à celles qui ont été consacrées aux Coupe du Monde en Allemagne et en Afrique du Sud. 
 
En juin dernier, pendant la Coupe des Confédérations, en pleine fronde sociale des Brésiliens contre l’indigence des services publics, la corruption et la facture publique du Mondial, l’attaquant brésilien Rivaldo avait vertement réprouvé l’organisation du Mondial. Interrogé sur le manque d’investissement dans la santé publique au Brésil, Rivaldo a critiqué "la honte" de l’organisation défaillante et coûteuse du Mondial au Brésil: "J’ai déjà dit à plusieurs reprises que le Brésil n’était pas en mesure d’organiser une coupe du Monde. Ce sera difficile, et le Brésil va avoir honte", a-t-il déclaré dans un entretien à la radio Jovem Pam. 
 
Rivaldo, champion du monde avec le Brésil en 2002, a notamment dénoncé le fait que certains stades du Mondial deviendraient des "éléphants blancs", coûteux et sans la moindre utilité après la compétition: "Nous savons que le Brésil a bien d’autres priorités. Nous avons beaucoup plus besoin de construire des écoles, des hôpitaux ou des prisons que des terrains de football. On dépense tellement d’argent pour un mois". 

Source : Alterinfo
Mamoudou Kane


              

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