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2013 : L’année de toutes les incertitudes


Actu Mauritanie
Dimanche 21 Avril 2013 - 11:02

L’année 2013 suit, lentement mais sûrement, le même train-train que 2012 : Des attentes qui ne seront pas comblées, si l’on en juge par la persistance de la crise politique, le flou autour d’un calendrier électoral qui reste à définir, une crise économique qui touche tous les secteurs (pêche, tourisme, mines, agriculture) et l’inquiétude que suscite une très probable participation de la Mauritanie dans la Mission de maintien de la paix de l’Onu au Mali.


2013 : L’année de toutes les incertitudes
C’est dire tout simplement qu’en ce qui concerne une sortie de crise à moindres frais, l’incertitude est là, présente, dans tous les milieux.

Dans un tel contexte, on peut espérer, tout au plus, que l’initiative du président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, permette d’entretenir l’espoir. Cela permet, en fait, à chacun des protagonistes de la crise de mettre en avant ses préoccupations mais aussi ses intérêts. Tout tourne autour de l’organisation des élections municipales et législatives, sans que l’on sache vraiment comment l’Etat compte s’y prendre pour ne pas avoir à répéter le même scénario qu’un certain 06/06/2008, quand il s’est trouvé obligé de suspendre, à la dernière minute, un processus engagé de manière unilatérale et fatalement condamné à l’échec, avec le risque d’un manque de reconnaissance par la communauté internationale.

La situation est quasiment la même aujourd’hui avec une Coordination de l’opposition démocratique (COD), qui persiste et signe, en demandant le départ du président Aziz, qui entretient le flou autour de sa participation aux prochaines élections ; une majorité qui doute, parce qu’étant réduite, en réalité, à la seule existence de l’Union pour la République (UPR), avec la probable sortie de ses rangs de la Convergence démocratique (Adil, MPR, RD), dont la position sera connue ce dimanche. Et, enfin, le dilemme que traverse la Coalition pour une alternance pacifique (CAP) tiraillée entre son désir de pousser la CPM et la COD à la table des négociations et la nécessité, pour elle, de rester un pôle d’opposition centriste.

La divergence autour de la CENI

Si l’accord entre les différents groupes politiques est acquis, il ne restera alors plus qu’à plancher sur la question de l’organisation des élections municipales et législatives qui, en principe, surviendront peu avant la présidentielle de 2014.

Dans cette seconde phase de la gestion de la crise, tout dépend, en réalité, de l’opportunité offerte à la nouvelle Commission électorale nationale indépendante (CENI) de prouver que les pouvoirs censés consacrer sa gestion autonome et transparente des futures élections municipales et législatives ne sont pas ce que les partis de la COD considèrent comme de la « poudre aux yeux ».

Le parallélisme établi par cette dernière entre la CENI et la nouvelle direction générale des élections créée au sein du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation n’est pas sans raison, quand on sait que c’est l’un des meilleurs moyens dont dispose le pouvoir pour continuer à avoir la haute main sur un processus électoral de nature à redessiner le paysage politique mauritanien.

On sait, cependant, que les partis d’opposition qui ont pris part au dialogue (APP, Al Wiam, Sawab) ne sont pas dupes et que toutes déviations abusives des résultats du dialogue risquent de provoquer un clash politique dont le premier perdant sera le pouvoir lui-même. Des signes précurseurs de cette volonté de « détourner » le dialogue de son cours normal sont perceptibles à travers les déclarations de hauts responsables de l’Union pour la République (UPR), parti au pouvoir, certainement pris au dépourvu par ce qu’il considère comme des « arrangements » n’allant pas forcément dans le sens de son emprise sur les structures du pouvoir. Il y a aussi que la CENI, elle-même, ne semble pas encore au point pour enclencher, vraiment, un processus électoral qui doit engager l’ensemble de la classe politique mauritanienne et non seulement les deux protagonistes du dialogue d’octobre 2011.

Ceci dit, ce qui compte le plus aujourd’hui pour le gouvernement – et pour le président Ould Abdel Aziz – c’est de trouver la solution aux problèmes économiques et sociaux qui taraudent l’esprit de la majorité des mauritaniens.

La mise en branle d’une opération de distribution de vivres gratuite à Nouakchott, greffée sur le plan d’urgence « Emel », et effectuée tous les vendredis, sur un mois (50 kg de riz, 25 kg de sucre, 10 litres d’huile, 10 kg de pâtes alimentaires) a tout l’air d’entrer dans le cadre d’une précampagne électorale.

S’assurer le soutien de la France

L’action envers les pauvres, comme à la veille des élections de juillet 2009, et après le coup d’état-Rectification d’août 2008 a besoin d’un apport extérieur pour assurer au président Aziz son second mandat au moment où tous les indices montrent que sa popularité est en chute. C’est ce qui justifie, réellement, la coopération sécuritaire avec Paris, en assurant le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, de l’envoi de quelque 1800 soldats mauritaniens dans le cadre de la future mission de maintien de paix de l’Onu au Mali. Autant dire que pour 2013 encore, la Mauritanie sera obligée de mener « sa guerre » contre Al Qaeda, mais cette fois-ci non pas pour se défendre contre le terrorisme, mais dans une optique électoraliste qui a besoin du soutien de son puissant allié français. Exactement comme l’a fait le président tchadien, Idriss Deby, qui, traînant des casseroles dans le domaine des droits de l’homme et du peu de fiabilité d’un processus démocratique qui rappelle le début des années 90, la Mauritanie s’apprête à tirer la France d’affaires en lui permettant de retirer ses soldats du bourbier malien. Comme quoi, la politique et le désir de se maintenir au pouvoir, commande à tout le reste (sécurité, accords économiques, etc).

Avec l’engagement de nos soldats au nord Mali, et la réaction d’Al Qaeda au Maghreb islamique (AQMI), on continuera alors à vivre comme si on était en temps de guerre, à s’armer pour faire face à l’hostilité de ce qui reste des groupes islamistes et à maintenir une sorte d’état d’urgence sur les frontières nord et est du pays.

Source:Elhourriya
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