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2 questions à Yacoub Bâ, conseiller municipal, militant au sein du mouvement TPAMN: «Tout le monde sait que ces pauvres étrangers n'ont rien à voir avec nos manifestations»


Société
Samedi 15 Octobre 2011 - 13:20

A quelques heures d'un meeting du collectif Touches pas à ma nationalité à la nouvelle maison des jeunes à Nouakchott, un de ses cadres, et actuel conseiller municipal indépendant à la mairie de Sebkha, Yacoub Bâ, revient sur l'arrestation et la condamnation d'étrangers, supposés meneurs des manifestations à la Médina 3, par la justice mauritanienne.


Yacoub Bâ
Yacoub Bâ
On attendait une intervention de votre part sur les ondes de Rfi le vendredi 14 octobre, finalement il n’en fut rien. Que s’est-il passé?

Vendredi matin, il était prévu que je passe à la libre antenne de l’émission «appels sur l’actualité» de Rfi pour parler des récents événements liés au mouvement de contestation du recensement en cours dans notre pays, à savoir l’odieux assassinat du jeune Lamine Mangane à Maghama par un gendarme, et la répression dont le mouvement a fait l’objet.
De mon point de vue, je voulais clarifier les faits par rapport aux arrestations et condamnations injustes des jeunes mauritaniens et des étrangers qui n’avaient rien à voir avec les manifestations et qui ont été présentés par les autorités comme des meneurs du mouvement, mais il n’en fut rien, et j'ai simplement cru alors à un problème de temps.

Jeudi à 12h53, j'ai été contacté par une journaliste de Rfi qui me questionna longuement sur mon intervention. J’expliquais que je tenais d’abord à dénoncer les arrestations arbitraires des jeunes qui sont aujourd’hui, après un procès bâclé et expéditif fait par une justice inféodée et partiale, condamnés injustement à des peines de prison ferme.
Il était prévu que je passe à l’antenne vendredi 14 octobre à 8h40, ce qui ne fut pas le cas. Elle me rappelle un peu moins d'une heure après, pour m'annoncer qu'on ne m'a pas passé à l'antenne du fait qu'ils n'étaient pas sûrs de l'exactitude des informations relatives aux étrangers arrêtés. Pourtant, dans un article publié le mardi 11 octobre 2011 sur le site de Rfi, la correspondante de Rfi avait parlé du procès des quinze personnes dont 8 Mauritaniens et 7 étrangers, qu’elle avait même pu joindre un membre de l'Association des ressortissants Sénégalais en Mauritanie, et que celui-ci confirmait les arrestations arbitraires de ses compatriotes. Tout en précisant que ces derniers ont été arrêtés chez eux ou sur leurs lieux de travail, et qu’ils n’avaient rien à voir avec le mouvement de contestation. Cherchez l'erreur.

Justement, le cas des étrangers accusés par les autorités d’avoir participé aux manifestations et condamnés pour actes de violence, vous semble tiré par les cheveux...

Le cas de tous les étrangers injustement arrêtés nous interpellent directement car nous savons que ces arrestations ont un but bien déterminé, à savoir de faire passer le mouvement comme une organisation financée et dirigée de l'extérieur par des éléments déstabilisateurs.

C’est fait dans le but de nous dénigrer, de nous faire passer pour des extrémistes et des vagabonds, ce que nous ne sommes pas.
Ces accusations ont un objectif encore plus sournois, qui est de monter certains mauritaniens contre d’autres comme ce fut le cas dans le passé. Mais ces dernières semaines nous ont montrés que les mauritaniens ne sont plus dupes: tous le monde sait que ces pauvres étrangers n’ont rien à voir ni de prés, ni de loin avec nos manifestations.

D’un point de vue strictement légal, on ne peut pas comprendre qu’un état digne de ce nom procède de cette manière: arrêter de pauvres innocents, des vendeurs ambulants, des tailleurs, des mécaniciens, juste pour essayer d’accréditer la thèse du complot de l’extérieur.
Je tiens à citer le cas de Abou Sow un jeune sénégalais de 29 ans qui habite à proximité du marché de 5ème, qui est un marchand ambulant, marié et père d’une fille. Il a été arrêté devant son domicile, tabassé par des éléments de la garde nationale, puis emporté on ne sait où. Sa femme, que nous sommes allés voir, n’a aucune nouvelle de lui.
Il y a aussi le cas de ce tailleur à la Médina 3, arrêté devant son atelier et emporté de la même façon.
Nous condamnons ces agissements qui visent à diviser le peuple mauritanien.

Ces agissements nous rappelle ceux du passé, souvenons nous qu’en 1989 le système avait pris
comme prétexte les événements entre le Sénégal et la Mauritanie pour tuer, déporter des mauritaniens et ce sont les mêmes personnes à quelques exception près qui sont encore là. Nous ne faisons que dire: «attention danger!».

Propos recueillis par Samba Camara
Mamoudou Kane


              

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