Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

10 juillet 1978-10 juillet 2013 : 35 ans après le premier coup d’état militaire


Actu Mauritanie
Vendredi 12 Juillet 2013 - 17:16

Le mercredi 10 juillet 2013 n’est pas seulement le premier jour du Ramadan cette année, mais c’est aussi la date commémorative du premier coup d’état militaire dans l’histoire politique de la Mauritanie. Entre temps, 35 années sont passées dans la vie de la nation, sans que l’armée ne consente encore à regagner ses casernes, selon ceux qui voient dans le régime actuel le prolongement des pouvoirs militaires antérieurs. Après Moustapha Ould Saleck, Haidalla, Maaouwiya, le CMJD, la Mauritanie n’a vécu selon l’opposition, qu’une courte expérience démocratique civile, juste la vie d’une rose, pour sombrer de nouveau sous la coupole de la Grande Muette. Le pouvoir politique actuel sous le règne de Mohamed Ould Abdel Aziz, est-il un pouvoir militaire déguisé sous les oripeaux du civil ou est-ce un pouvoir civil dont le seul tort est d’avoir été un jour martial ?


Moustapha Ould  Saleck, entouré par des soldats à Nouakchott, 3 semaines après avoir mené le coup d'état militaire du 10 juillet 1978
Moustapha Ould Saleck, entouré par des soldats à Nouakchott, 3 semaines après avoir mené le coup d'état militaire du 10 juillet 1978
10 Juillet 1978-10 juillet 2013 ! Trente-cinq années sont déjà passées sur les cinquante dont la Mauritanie indépendante vient de souffler les bougies le 28 novembre dernier. Il y a en effet 35 années, un groupe d’officiers de l’armée mauritanienne, conduite par le lieutenant Moustapha Ould Mohamed Saleck procédait au premier coup d’état militaire dans l’histoire du pays contre le président de la République, Me Mokhtar Ould Daddah. La chute du père fondateur de la Mauritanie moderne et indépendante, bien qu’intervenu, selon les putschistes pour sortir le pays du piège de la guerre du Sahara, mettait ainsi fin à une expérience politique, sociale et économique de pointe, pour plonger la Mauritanie dans une spirale de coups d’états qui finiront par affaiblir le pays, briser son unité nationale et retardé son développement. Ainsi, la guerre du Sahara, la sècheresse des années 70 constitueront autant de facteurs qui feront croire aux Mauritaniens que l’arrivée de nouveaux hommes au pouvoir allait changer le cours de leur vie.

Dans son livre biographie “La Mauritanie Contre vents et marrées”, paru il y a quelques années, l’ancien président revenait sur les circonstances de cette fatidique journée du 10 juillet 1978. Mokhtar Ould Daddah écrit dans ses mémoires : « depuis le début des années 70, peu avant le déclenchement de la guerre de réunification nationale, les Renseignements colportaient de temps à autres des ragots d’informations obtenues à partir de causeries de salon selon lesquelles un groupe d’officiers cherchait à mener un coup d’état. Bien entendu, à l’époque, les renseignements valaient ce qu’ils valaient, car ils étaient encore dans un état embryonnaire, confinés dans un modeste Bureau des études et de la documentation (BED) relevant de la présidence de la République et d’une Direction de la Sûreté Générale logée au Ministère de l’Intérieur. Ces informations, de plus en plus insidieuses depuis le début de la guerre, n’apportaient pas cependant d’éléments concrets. Ils seront pourtant corroborés par d’autres renseignements extérieurs. Le Roi Hassane II lors de mon entrevue avec lui à Marrakech au mois de novembre ou de décembre 1977 m’a communiqué des informations que lui seraient parvenues et qui se rapportent à un coup d’état en préparation en République Islamique de Mauritanie. La source de ces informations serait un jeune mauritanien du nom de Ould Wafi qui aurait soufflé le renseignement sous le sceau confidentiel à un professeur.

Puis, il aurait rapporté directement l’information à l’un des membres du cabinet royal marocain qui la nota » Mokhtar affirme avoir décliné l’offre de Hassane II de lui faire entendre l’enregistrement. Selon lui, il voulait pas qu’un étranger s’immisce dans les affaires intérieures du pays, même s’il s’agit, dira-t-il en substance, d’un ami sincère et d’un partenaire de choix. Et il se demanda « avais-je raison ou pas à l’époque ? Dieu seul le sait ».

Un deuxième ami, Mobutu Sesse Seko fera sonner lui aussi l’alarme en février 1978 à Mokhtar Ould Daddah, alors qu’ils se trouvaient tous les deux à Bruxelles. Mobutu lui rapportait des renseignements recueillis auprès de l’opposition zaïroise en Belgique qui parlaient de l’imminence d’un coup d’état en Mauritanie. Le nom de l’ambassadeur de Mauritanie à l’époque à Bruxelles ainsi que celui de son frère, le commandant de la 6ème Région militaire chargée de la sécurité de la ville de Nouakchott furent même cités à Ould Daddah comme faisant partie du complot visant son pouvoir.

Le 8 juillet 1078, à Jour J-2, le Bureau national du Parti du Peuple Mauritanien (PPM) se réunissait. Là également, Mokhtar affirme avoir été approché par Ahmed Ould Zeine qui lui rapporta un échange de propos qu’il aurait eu avec Ould Bneïjara sur les préparatifs d’un coup d’état imminent fomenté par l’ensemble des chefs militaires et personnels de sécurité, y compris le Chef d’état-major, les commandants de région, les états-majors de la gendarmerie et de la garde aussi. Mokhtar souligne n’avoir informé des propos que lui a rapporté Ahmed Ould Zeine que deux personnes, le ministre de la Défense Mohamedhen Ould Babah, membre du BN du PPM et Mamadou Sakho, ministre de l’Intérieur.

Mokhtar reconnaît avoir agi avec une telle prudence pour parer à deux éventualités, la première que l’information soit fausse et la deuxième qu’elle soit vraie, d’où l’utilité de prendre quelques précautions, comme la convocation d’une réunion urgente du conseil des ministres pour limoger les responsables militaires suspects et la nomination d’autres à leur place, conformément aux textes. Ne resterait ainsi plus qu’à diffuser le communiqué à la radio et jeter ainsi la surprise entre les comploteurs et faire foirer leur coup. Tel fut selon Ould Daddah sa première piste de réflexion. Finalement, il changera d’avis et choisira de laisser le coup d’état suivre son cours sans interférence de sa part. C’est ainsi qu’il sera réveillé la nuit du lundi 10 juillet 1978, alors que la première Dame était à Dakar à la tête d’une délégation de femmes du parti.

Le président sera arrêté et conduit à la prison de Walata. La suite est bien connue

Une série de coup d’état qui ne s’arrêtera pas, trente cinq années durant. Après Moustapha Ould Saleck, ce sera autour de quelques éphémères présidents militaires dont l’histoire retient à peine les noms, avant que des noms comme Haïdalla, Maaouiya ne fassent trembler la République, au bout d’un règne qui aura duré cumulativement vingt-cinq années avec la palme d’or de la longévité pour Ould Taya qui aura régné vingt et une année. En 2005, arrive le CMJD (comité militaire pour la justice et la démocratie), qui institua une courte transition sous la conduite du colonel Ely Ould Mohamed Vall. En 2007, Sidi Ould Cheikh Abdallahi est élu premier président civil démocratiquement élu. Une année et demie après son arrivée au pouvoir, il sera renversé par un énième coup d’état militaire. Cette fois, le colonel Mohamed Ould Abdel Aziz, devenu entre temps général, ne voulait plus mener des coups d’état par procuration. Il s’empara du pouvoir le 6 août 2008, organisa des élections et les emporta, alors que ses adversaires s’échinaient dans les Accords de Dakar.

Depuis lors, une crise politique insidieuse s’est installée. L’opposition dite radicale en appelle aujourd’hui à la fin des régimes militaires et le retour à un pouvoir constitutionnel civil.


JOB
Pour L'Authentic

Noorinfo


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
Inscription à la newsletter
Les + populaires